Annapurna Base Camp

Le trek de Poon Hill est maintenant derrière nous. L’objectif des prochains jours est de tenter d’atteindre le camp de base de l’Annapurna, à 4 130 mètres d’altitude. Step by step…

 

Jour 4 : Avant nous, le déluge

Avant d’entamer cette nouvelle journée et pour que ça soit plus parlant, voici la carte du trek de l’ABC :

Aujourd’hui nous sommes le 1er mai mais il n’y a pas de jour férié en randonnée ! Nous partons à 6h du lodge de Tadapani malgré un ciel de plus en plus noir. Ça ne loupe pas, après 1km de marche en forêt la pluie commence à tomber dru. Nous sommes équipés mais craignons l’étanchéité de nos housses de sacs… A Chiule, nous nous arrêtons dans la première guesthouse du village et attendons 1h30 une accalmie. C’est long…

Nous attaquons ensuite une grande portion de chemin en descente. La prudence est de mise pour ne pas glisser.

On commence à connaître le refrain par cœur : une grande descente engendre (presque) toujours une montée… Arrivés au lit de la rivière nous traversons le pont et montons la montagne d’en face.

Dans ces moments là, les pensées divaguent vers des réflexions du genre « et pourquoi ils mettraient pas au point un téléphérique ou même un grand pont plus haut, ah non mieux : une tyrolienne !?» avant de réaliser l’absurdité du truc… 😩

La pluie cesse enfin quand nous arrivons à un petit village tout mignon. La pause biscuit est rapide, un groupe de 6-8 coréens et leur guide nous talonne. Ce n’est pas la course mais comme ils s’arrêtent souvent on préfère être devant…

Nous arrivons à Chomrong, l’étape du jour, un peu avant midi. A partir de là, le parcours est un aller-retour : ce que nous allons monter nous le descendrons au retour et inversement proportionnel… Petite pause déjeuner agréable en terrasse au soleil… On se tâte à continuer. Après tout il est tôt, allez c’est parti ! Ça nous raccourcira un peu la journée suivante. La descente qui part de Chomrong est raide et interminable.

 

Sur le pont de singe en bas, on laisse passer des hommes et des mules décidément bien chargées.

La remontée est tout aussi difficile. Je marche à 2 à l’heure. Finalement à 15h30 nous parvenons à Sinuwa. Une belle perf quand on voit comment la journée a commencée ! 😊


Les chiffres de la journée :

12 kilomètres

1 670 mètres de dénivelé négatif

1 300 mètres de dénivelé positif

6h30 de marche


Jour 5 : mission « griller les Coréens et cie »

Toujours pour éviter les groupes de marcheurs, nous débutons la marche aux aurores.

Nous traversons une forêt moussue où coulent de nombreux petits cours d’eau. C’est très apaisant.

Progressivement les sommets enneigés se laissent apercevoir… Magnifique

Après une pause « biscuits-coca-œufs durs », nous décidons de poursuivre jusqu’à Deurali, soit 2 étapes de plus que prévues initialement. L’altitude avoisine maintenant les 3 000 mètres. La grimpette est difficile, le souffle se fait court.

Bientôt nous faisons nos 1ers pas sur la glace. Par endroits, il faut être vigilants car la moindre glissade pourrait nous faire tomber dans le bas de la vallée. Nos bâtons nous sécurisent.

A 15 minutes de l’arrivée, une américaine m’apprends qu’il n’y a plus de couchages à Deurali. Tout est full, il fallait réserver 😮 Hors de question de rallonger d’une étape ! Je fais de grands signes à Nico (qui est bien devant comme d’habitude…) pour qu’il dépasse les groupes et cherche une chambre.

Nous avons vraiment bien fait de commencer la rando très tôt ce matin : nous obtenons l’avant dernière chambre du village. 2 allemands qui arrivent un quart d’heure après nous prendront la dernière. Nous demandons à la proprio de la guesthouse de réserver direct pour demain une chambre au camp de base de l’Annapurna pour nous. Croisons les doigts pour que ça fonctionne !

On décerne à notre lit de ce soir le prix « de la chambre la plus pourrie du trek » !


Les chiffres de la journée :

10 kilomètres

460 mètres de dénivelé négatif

1 300 mètres de dénivelé positif

5h30 de marche


Jour 6 : le Camp de Base de l’Annapurna

C’est le grand jour ! Nous quittons Deurali à 7h. Je râle car le Gps n’indique pas toutes les montées (une montée puis une descente = du plat pour lui…), je ne peux donc pas me préparer psychologiquement…

1h35 plus tard nous arrivons déjà au Camp de Base du Machapuchare (3 700 mètres). Ça servait à rien de râler… Le soleil est au rdv, la neige est fraîche. Il y a comme des petits airs de vacances de ski… Certains groupes dorment ici et font l’aller retour à l’ABC dans la journée.

Le nom Machapuchare (6 993 m) signifie « queue de poisson » et quand on regarde son double sommet on comprend pourquoi. Il est sacré pour la population népalaise et serait la demeure de Shiva pour les hindouistes. Aussi, personne n’a jamais grimpé jusqu’à son point culminant. Une équipe d’alpinistes britanniques s’est arrêtée à 50 mètres du sommet.

Nous attaquons l’ultime grande montée de ce trek. Nos pas se traînent dans la neige fondue. L’altitude se fait maintenant beaucoup ressentir. Les montagnes qui nous entourent sont magnifiques. On souffre un peu mais qu’est ce que c’est beau !

Une fouine passe juste devant nous. Une énorme avalanche tonne non loin du camp que nous apercevons au loin.

Un pas après l’autre… step by step… Plus on s’approche du point final plus le chemin paraît se rallonger.

A 11h nous atteignons enfin le célèbre panneau « Amazing Annapurna Base Camp Heartly ». We did it ! On l’a fait ! 😃

4 130 mètres : on tutoie les sommets.

La réservation a fonctionné, nous avons une chambre ! Il fait très très froid. La neige se met bientôt à tomber à gros flocons. La salle commune se remplie peu à peu. Sans possibilité de recharger nos batteries, il ne nous reste qu’à lire et jouer aux cartes… l’après midi va être trèès longue…

Nous apprenons par une japonaise la raison du grand nombre de touristes asiatiques : c’est la fameuse Golden Week ! Les vacances dans un certain nombre de pays asiatiques. Tout s’explique ! 20h extinction des feux. Nous gardons tous nos vêtements sur nous, nous enfouissons sous les couettes et les sacs de couchage et parvenons tant bien que mal à nous endormir…


Les chiffres de la journée :

6,5 kilomètres

790 mètres de dénivelé négatif

1 740 mètres de dénivelé positif

3h40 de marche


Jour 7 : la puissance des hauts sommets

S’extirper du lit à 5h du mat’ constitue le premier grand effort de la journée. La température est négative. La neige arrive au niveau du milieu de la fenêtre. Nos pas sont amortis par l’épaisse couche de neige fraîche.

Nous nous plaçons en haut d’une petite butte et patientons, les yeux rivés vers les sommets. L’Annapurna 1 se dévoile progressivement. En contrebas, nous percevons un immense glacier.

Nous sommes au cœur d’un amphithéâtre de montagnes gigantesques. C’est une sensation formidable et unique.

Au bout d’une heure, le soleil nous réchauffe enfin de ses rayons.

Nico part en expédition photo pendant que je prends le temps de méditer et de m’imprégner de la puissance et de l’énergie de ces colosses de pierre.

Certains repartent en hélicoptère (on n’ose imaginer le prix…), pour nous ce sera retour par la voie terrestre.

A 9h nous reprenons le même chemin que celui emprunté la veille.

Encore une fois, quelle vue !

Toute la journée, nous ne faisons que descendre. Après les mollets, ce sont aux genoux de souffrir !

Un orage suivi d’une giboulée de grêle nous stoppe quelques temps à Himalaya. 15h sonne la fin de cette journée. Notre lodge à Bamboo propose des douches chaudes payantes, autant dire qu’après 3 jours, on ne se fait pas prier pour payer !

Je ne me sens pas au top sans doute un contrecoup de l’effort. Si tout va bien, demain sera notre avant dernier jour de trek.


Les chiffres de la journée :

13,5 kilomètres

2 750 mètres de dénivelé négatif

950 mètres de dénivelé positif

6h20 de marche


Jour 8 : A la source !

Aujourd’hui le chemin n’est que descentes et montées successives. Nous gardons un bon rythme mais clairement les muscles souffrent. La montée de Chomrong est un calvaire !

Pour le déjeuner nous poussons jusqu’à Jinhu, censé être notre étape du jour. L’ambiance ne nous plaît pas trop… Un plat de macaronis-tomato-cheese et de Veg fried noodles engloutis, nous décidons d’aller nous baigner aux sources d’eau chaude du village.

900 mètres de dénivelé négatif… Nous ne sommes plus à ça près ! La baignade dans les bassins d’eau chaude est très relaxante. Les muscles se détendent.

L’aspect bétonné des bassins n’est pas très esthétique et ne colle pas au cadre mais nous passons un bon moment.

Le prochain village-étape, New Bridge, nous plaît davantage. Il n’y a que 3 lodges, c’est tranquille, nous dormirons là ce soir. On admire une dernière fois les sommets qui nous paraissent déjà bien lointains…


Les chiffres de la journée :

11,5 kilomètres

1 810 mètres de dénivelé négatif

970 mètres de dénivelé positif

5h30 de marche


Jour 9 : le jour le plus long

L’objectif du jour est de marcher jusqu’à Potana soit environ 6 h puis de finir tranquillement demain les derniers kilomètres avant le bus pour Pokhara.

Le chemin jusqu’à Landruk est très sympa. Ambiance « Indiana Jones ».

Le village nous paraît très authentique, on aurait préféré dormir ici.

1ère traces de civilisation moderne depuis 9 jours : des 4X4 ! Nous empruntons d’ailleurs la piste rocailleuse sur plusieurs kilomètres jusqu’à Tolka, pas la partie la plus jolie…

Le pire est à venir : la montée vers Deurali. Pour la première fois depuis le début de la rando, la motivation m’abandonne. J’ai mal partout, le souffle est court, l’air est humide du coup on dégouline de sueur… C’est vraiment très dur.

La magie inexplicable des randonnées c’est que quand on croit qu’on est à bout de force… eh bien, on arrive à continuer de marcher ! Deurali est assez touristique on passe notre chemin sans s’arrêter. La pluie nous accompagne jusqu’à Potana. Coup de tampon sur nos permis et on peut continuer. Nous dégustons un des meilleurs Dal Bhat de notre séjour et papotons avec un jeune français rugbyman très sympa qui loge ici en échange de son aide.

Il est 12h30. On sait qu’il ne reste « que » 6 kms, on la tente ! Nous retrouvons un peu de plat, ça fait un bien fou. Mais la fin du trek, après Dambus, vire à la torture.

Les paysages sont encore une fois superbes mais le cœur n’y est plus. Les marches en descente sont interminables.

Puis ça y est, on la voit : la route goudronnée. Elle est notre porte de sortie du trek et notre porte d’entrée vers le retour à la civilisation. Les dernières marches sont les plus dures. Je suspends mon dernier pas sur la dernière marche de ce dernier jour de trek et en apprécie toute la symbolique.


Les chiffres de la journée :

21,3 kilomètres

2 200 mètres de dénivelé négatif

1 890 mètres de dénivelé positif

8h de marche


Nous l’avons fait : nous avons parcouru 100 km en 9 jours et atteint le Camp de Base de l’Annapurna.

On vous l’avoue nous sommes très heureux et aussi assez fiers d’avoir réussi ce trek  🙂

Un taxi nous ramène à Pokhara. Les paysages défilent et nous, nous sommes immobiles. Avancer, de n’importe quelle manière mais avancer, toujours.

(C’est ce qu’on pourrait appeler une « photo dossier »…)


Les chiffres des 9 jours de trek :

103 kilomètres parcourus

11 610 mètres de dénivelé négatif

11 710 mètres de dénivelé positif

50h de marche



Les photos du trek de l’ABC, c’est par ici !



4 thoughts on “Annapurna Base Camp

  1. Jennifer Precheur Répondre

    Whouaaaa !!!Bravo !!!

    1. Anaïs et Nico Répondre

      Merci 🙂

  2. mariepoisson Répondre

    Coucou,
    C’est super beau !! Mais à ce stade, ce ne sont plus vraiment des vacances, non ? Bonne route à tous les deux !

    1. Anaïs et Nico Répondre

      Merci Marie ! On n’a jamais dit qu’on était en vacances 😉
      On espère que vous allez bien tous les deux, quelle est la prochaine destination ?
      Bises

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