Om mani padme hum

Le Népal. Une destination qui fait bouillonner l’imaginaire. Haut lieu du bouddhisme et de la spiritualité… Lundi 3 avril, un mois et demi après notre retour de Tour du Monde, nous reprenons le chemin de l’aéroport, nos fidèles compagnons Deuter sur le dos. Ce n’était pas la fin du voyage !

 

काठमाडौं *

Premières observations depuis les vitres du taxi qui nous amène à notre hôtel : il y a beaucoup de monde, de la poussière, des nids de poule, des chauffeurs fous et des embouteillages. Katmandou (ou Kathmandu en anglais) nous propulse 1 an et demi en arrière, en Inde. Les sens se mettent à nouveau en éveil.

Nous trouvons assez vite une chambre convenable dans le nord du quartier de Thamel pour un prix qui, après coup, nous paraitra un peu excessif. Il faut s’habituer à cette nouvelle monnaie…

Pour le diner puis les petits-déjeuners nous prenons nos habitudes dans le petit boui-boui en bas de la ruelle. 1 euro le petit déj muesli-lassi, ça nous avait manqué !

Thamel est le quartier le plus touristique de Katmandou. Nous allons arpenter ses ruelles étroites et poussiéreuses pendant 2 jours.

Ici, le boucher expose des carcasses de poulets sur une planche de bois, là des effluves de friture s’échappent d’un petit boui-boui. Des maisons à moitié effondrées survivent grâce aux poutres qui les soutiennent, témoins du dernier tremblement de terre. La boutique de souvenirs côtoie le restaurant climatisé lui-même installé à côté du minuscule kiosque proposant friandises et papier toilette. Il n’y a pas d’unité au sens occidental du terme. C’est un méli-mélo hétéroclite.

Même si nous devons constamment être vigilants dans le flot de circulation, nous prenons plaisir à flâner au hasard des ruelles. Des petits trésors insoupçonnés se cachent souvent dans les cours intérieures. Des stupas et des temples attendent le croyant et le visiteur curieux. C’est émouvant de les admirer « en vrai ».

Anaïs se remémore l’album de Tintin au Tibet : « Toi passer à gauche Sahib ! ».

La célèbre place de Durbar Square, classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, a beaucoup souffert de la série de séismes du 25 avril 2015 (7,9 sur l’échelle de Richter). Ce jour-là, plus de 6 000 personnes ont perdu la vie et beaucoup de bâtiments, construits essentiellement en briques, se sont écroulés. Quelques édifices en bois de l’ancien royaume de Newar ont résisté mais portent des cicatrices de la catastrophe. Pour les autres, la reconstruction a déjà commencé mais cela prendra du temps.

Sur la place, la tradition qui se cache derrière les fenêtres en bois du Kumari Bahal nous interpelle. Selon la tradition, une petite fille de 4 ans est choisie selon 32 critères bien spécifiques (cuisses de daim, joues de lion, cils de vache, une belle ombre, 40 dents proportionnées etc.) pour devenir Kumari, une déesse vivante adulée par la population. Elle reste cloitrée dans son palais et subit beaucoup d’interdictions. Kumari est exhibée lors de grands festivals religieux et ce, jusqu’à ce qu’une goutte de sang s’échappe de son corps (souvent à la puberté). Elle sera alors remplacée par une autre déesse et tombera dans « l’oubli ». Vraiment sympa comme job !

Thamel signe aussi nos premiers pas dans la cuisine népalaise. Même pas peur, on attaque direct avec les momo, ces délicieux raviolis vapeurs ou frits originaires du Tibet et fourrés aux légumes, au bœuf, au poulet ou au fromage. Chaque resto a sa recette, la qualité est donc assez variable. Nous goûtons aussi le chowmein (pâtes sautées) et la Tukpa, une soupe de pâtes aux légumes. Enfin, pour le goûter rien de tel que des gros beignets tout chauds à 10 centimes 🙂

* Katmandou

 

Et on visa plus longtemps…

Nous avions déjà testé la procédure administrative de prolongation de Visa en Thaïlande avec un résultat probant. Nous réitérons l’expérience au Népal. Le Visa touristique classique à 40 euros est valable 30 jours, celui de 90 jours est à 100 euros, on cherche donc un intermédiaire : prolonger de 15 jours notre visa.

On se rend donc en taxi de bon matin aux bureaux de l’Immigration. On pense arriver trop tôt mais les bureaux sont déjà ouverts. 1ère étape : on encode notre demande sur une borne (high-tech !). 2ème étape : on fait la queue devant un guichet, on présente le papier de la borne, on nous en redonne un autre. 3ème étape : on présente ledit papier à un autre guichet qui nous demande de payer. On donne le passeport. 4ème étape : on patiente en salle d’attente attendant que notre nom soit annoncé. 5ème étape : on nous appelle, on nous rend les passeports avec le précieux tampon ! 1h30 fingers in the nose !!!


 

Dormir auprès des moines tibétains

Nous sommes heureux de partager avec vous un lieu magnifique et empli de bonnes ondes : le Benchen monastery, à l’ouest de Katmandou.

A l’origine Benchen est un temple bouddhiste au Tibet. Il fut détruit par l’armée chinoise (ils ne remontent pas dans notre estime…) en 1959. 2 moines exilés ont dirigé la construction d’une réplique de ce temple à Katmandou.

Nous nous installons dans la guesthouse, tenue par les moines, qui surplombe le temple. Depuis notre balcon, nous observons de loin l’agitation du centre. Les drapeaux de prière flottent, les chants des moines résonnent, les singes courent sur les toits… Ce lieu est un havre de paix.

En fin d’après-midi et tôt le matin, les moines prient au temple. Nous participons à 2 prières, un moment unique et assez déroutant. Nous fermons les yeux et essayons de nous laisser aller à la méditation au rythme des chants gutturaux et monotones des moines. Les trompettes tibétaines, les tambours, les cymbales et les conques résonnent avec une telle force !

Non loin du monastère se trouve Swayambunath, l’un des premiers sanctuaires bouddhistes au monde. La stupa, en haut de la colline, est impressionnante.

Le site a aussi souffert du tremblement de terre mais la vieille stupa, elle, est encore debout. Les yeux de bouddha veillent sur les centaines de pèlerins qui progressent tous dans le même sens, tournant les moulins à prières.

Le site est surnommé, à raison, le « monkey temple »

 

La Cité de la Beauté

De bon matin, nous prenons un taxi pour Patan (Lalitpur), dans le sud de la ville. L’entrée à l’ancienne ville royale est payante. Heureusement qu’on se voit remettre un superbe et élégant badge jaune à porter autour du cou sinon on aurait pesté contre le prix…

Là encore, le séisme a fait des dégâts considérables. Les photos avant/après en sont le témoin. Les ouvriers s’activent pour reconstruire ce qui peut l’être.

Le Durbar square et ses bâtiments en bois typiques restent intéressants à voir, particulièrement les cours intérieures et le musée. Mais à 13h, on commence vraiment à avoir faim, on sort donc du site.

La visite des ruelles et temples alentours est quant à elle un peu sportive en raison de la circulation. Beaucoup d’artisans de ferronnerie et d’orfèvrerie attendent le client dans leur minuscule boutique.

C’est joli mais le cuivre c’est pas comestible et nous on a toujours faim ! Après 30 minutes de recherche on trouve un restau indien. Sauvés !

Nous passons beaucoup de temps dans la petite cour intérieure du Golden Temple. Un lieu très spirituel.

Pour le moment, nous sommes sous le charme de ce pays fascinant.

Katmandou a été une belle introduction. Après le Népal des villes, partons maintenant découvrir le Népal des champs.

 


Les photos de Katmandou et sa vallée, c’est par ici !



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