Les derniers pas de notre vie nomade

Il fallait bien que cela arrive un jour. Voici venue l’heure du dernier article de notre Tour du Monde ! Après 15 mois d’itinérance à travers l’Asie, l’Océanie et l’Amérique du Sud nous prenons un dernier bus pour une dernière destination coup de cœur : la belle et sulfureuse Rio de Janeiro…

 

Vamos a la playa oh ooohhh !

Dans l’imaginaire collectif, Rio c’est avant tout un carnaval, un Christ bras ouverts, un pain de sucre et des plages où se prélassent les jolies brésiliennes. Nous allons découvrir que la ville cache beaucoup d’autres trésors…

Notre premier hôtel se situe à 2 minutes à pied de la célèbre plage d’Ipanema. Après une bonne douche (le thermomètre affiche 36 degrés), nous trinquons à ces derniers jours de voyage avec une caïpirinha aux fruits de la passion.

C’est un bon verre et nous n’avons rien dans le ventre. C’est donc un peu pompette qu’on commande un Mac Do à emporter en prenant l’équivalent de 4 menus 😊 Tout contents on va se poser sur la plage pour admirer le coucher de soleil.

On tombe tout de suite sous le charme d’Ipanema et de son atmosphère particulière. Beaucoup de brésiliens profitent encore des derniers rayons de soleil. Le ciel se colore, faisant ressortir la silhouette de la colline des Deux Frères.

Demain nous monterons tout en haut de cette colline, parole de Nico !

Un petit concert s’improvise sur le trottoir, les gens dansent. Il n’y a pas à dire : les brésiliens ont le rythme dans la peau !

Pour la petite histoire, cette plage longue de 2,6 km est le berceau de la Bossa Nova, cette musique issue de la samba et du jazz.

De jour, Ipanema change de visage. Il y a foule mais la promiscuité ne semble déranger personne. Pour aller à la plage, les brésiliens se munissent de 4 éléments essentiels : la chaise et le parasol (qui se louent), le maillot de bain brésilien ET… le porte-monnaie ! Pourquoi ? Parce qu’une multitude de vendeurs font sans cesse des allers-retours et qu’il vaut mieux avoir quelques reals dans sa poche pour se payer une caïpirinha, un açai, un maillot de bain ou des brochettes au barbecue (!)

L’eau est bonne mais les vagues sont énormes ! Ce n’est pas de la baignade, c’est une lutte contre la noyade !

Plus tard dans la semaine nous bullons sur l’autre plage emblématique de Rio : Copacabana. Celle-ci longe l’avenue Atlantica au pavage si célèbre, sur 4,5 km !

Le beach-volley et le surf sont rois ici. Depuis le fort, on se rend compte de l’immensité des deux plages.

 

El Jardim Botânico

Le matin du 2ème jour nous visitons le jardin botanique de la ville. Il fait beau, le ciel est bleu et on aperçoit d’ici une petite forme blanche en haut de la montagne : le Christ Rédempteur !

Créé en 1808, le jardin regroupe 6 500 espèces végétales sur 137 hectares. Qu’il est agréable de flâner dans ce lieu paisible…

On admire des plantes et des fleurs aussi belles que bizarres… Mention spéciale à l’orchidée Oncidium Sharry Baby qui dégage une forte odeur… de chocolat !

 

La colline des Deux Frères

Les deux collines qui surplombent Ipanema sont accessibles facilement mais on a bien fait d’emporter une petite dose de courage dans nos sacs. 1ère étape : prendre un bus jusqu’à la favela Vidigal. Easy. 2ème étape : monter en haut de la favela en moto-taxi. Les chauffards chauffeurs sont postés sur la petite place au niveau de l’arrêt de bus. On enfile le casque et on démarre. Nous avons alors l’impression d’être dans un film. Le scénario : une course poursuite dans les rues pentues et grouillante d’une favela brésilienne. On doit vraiment bien s’accrocher. C’est inattendu mais on en redemande. La redescente sera tout aussi sympa !

Le chemin commence doucement au terrain de foot. La vue sur les favelas et leurs ruelles pentues est incroyable. Il y a plus de 900 favelas à Rio. Celle que nous venons de traverser est pacifiée, c’est-à-dire qu’une UPP (Unité de Police Pacificatrice) a « nettoyé » le secteur et maintient l’ordre. En montant, on constate encore plus la précarité dans laquelle vivent les habitants…

Le soleil commence à se coucher quand on parvient en haut de la colline. Nous sommes une petite poignée de touristes à mitrailler le magnifique panorama qui s’offre à nous.

Cette ville est vraiment unique.

Fait cocasse, Anaïs reconnaît un journaliste français de la chaîne publique dans les spectateurs ! 😮

 

Le quartier de Santa Teresa

On vous avait parlé de trésors cachés dans Rio, en voici un ! Notre airbnb sur les hauteurs nous a permis de découvrir ce quartier calme et bohème que nous n’aurions sans doute pas visité spontanément.

Une des portes d’entrée vers Santa Teresa est le célèbre escalier de Selarón qui est décoré de carreaux de faïence provenant de 120 pays différents.

L’image que l’on retient de Santa Teresa est celle d’un vieux tramway jaune qui se fraye un chemin dans les rues pentues bordées de belles demeures d’anciens riches industriels.

Les habitants se retrouvent après le travail sur les terrasses des cafés d’où s’échappent des airs de samba.

Du Parque das Ruinas, la vue sur Rio est imprenable.

 

Une demeure pleine de caractère : la casa Vermelha

Si, pendant ce Tour du Monde, nous avons toujours privilégié des chambres bon marché, la réflexion est toute autre quand il s’agit de choisir le dernier lit du voyage. On ne voulait pas d’une chambre d’hôtel répliquée à l’infini, encore moins d’un lit en auberge de jeunesse.  Notre choix s’est donc porté sur la Casa Vermelha, une demeure typique de Santa Teresa chargée d’histoire…

Maria-Teresa nous accueille dans sa propriété par un chaleureux « Bonjour ! ». Elle vit ici avec ses deux filles et la location des 2 chambres lui permet d’entretenir la maison.

La casa Vermelha est apparue récemment dans un magasine de décoration brésilien et on comprend pourquoi…

Le petit déjeuner dans la salle à manger décorée de faïence bleue du Portugal gagne la palme du plus beau (et bon) petit – déj du voyage !

Les extérieurs avec la piscine et le jardin fruitier sont un autre atout de la maison. On ne se remet toujours pas du jus de goyave…

Pour la petite histoire cette belle demeure était le domicile d’un des ministres du Président Getúlio Vargas. Quand il est décédé, son épouse l’a vendue et de fil en aiguille la propriété a été achetée par la tante de Maria-Teresa qui lui en a fait don il y a 5 ans. Pour subvenir à l’entretien de la maison, Maria-Teresa organise des réceptions sur place et cuisine son fameux feijoadas (plat populaire au Brésil à base de porc et de haricots noirs).

Une très belle rencontre avec Maria-Teresa qui nous a appris beaucoup sur ce pays qu’elle aime tant et pour lequel elle milite avec ardeur.

NB : Malheureusement pour la première fois du voyage nous avons eu un bug dans la sauvegarde de nos photos… toutes les plus belles photos de la Casa Vermelha et de Maria-Teresa prises le dernier jour ont disparu ! 🙁

 

« Lapa » mieux pour sortir !

En bas de Santa Teresa , nous découvrons, de nuit, le quartier de Lapa et son célèbre aqueduc.

Alors que Nico sort son appareil pour le prendre en photo, un brésilien en scooter s’arrête et lui dit de ne pas sortir l’appareil ici s’il ne veut pas se le faire voler. Rio n’a pas bonne réputation question sécurité et les vols à l’arraché sont monnaie courante. On avait peut être relâché un peu la vigilance, merci donc à ce monsieur !

Lapa est un quartier très vivant surtout le soir. Il y a de nombreux bars dans lesquels se retrouvent les cariocas après le boulot. Dans une rue, nous sommes attirés par le son de percussions. C’est une répétition pour le Carnaval de Rio qui a lieu dans 2 semaines ! Nous sommes hypnotisés par la résonance des gros tambours et la chorégraphie du groupe…

Nous essaierons plus tard dans la soirée d’aller voir une répétition d’une école de danse mais on tombe le mauvais jour… 😕 Cela nous aura au moins permis de voir le Sambodrome et le Maracanã en passant !

 

Par ici la monnaie !

Le quartier de Centro c’est un peu comme la City à Londres. On y trouve de grands buildings, une certaine frénésie aux heures de pointe et des employés en costumes cravates.

Un monument qu’il vous sera difficile d’ignorer là-bas  : la cathédrale Saint Sébastien de Rio. Le style avant-gardiste a en effet de quoi surprendre ! Perso, on n’a pas trouvé ça très joli de l’extérieur mais l’intérieur est à voir.

Nous descendons à pied jusqu’à la baie de Guanabara et son futuriste Musée de Demain. Très sympa !

La balade se poursuit jusqu’à la zone portuaire, rénovée pour les J.O. Le but premier était d’aller s’émerveiller à l’aquarium de Rio, apparemment très chouette, mais le prix d’entrée nous a tout de suite fait ressortir !

On ne va pas perdre au change car en chemin nous tombons sur l’œuvre d’Édouardo Kobra « Nous sommes tous un ». Il n’y a pas de mots. C’est la plus magnifique fresque que nous ayons vue de notre vie.

On reste plus d’une heure à l’admirer…

L’œuvre de 200 mètres de long réalisée pour les J.O est entrée dans le Guinness book des records !

5 anneaux olympiques, 5 continents, 5 visages. Ceux des peuples oubliés, réprimés. Toute une symbolique…

La fresque aurait une durée de vie de 6 ans selon l’artiste, alors courrez vite l’admirer !

 

Nous montons sur le Pain de Sucre !

Les fans de James Bond et d’OSS 117 reconnaîtront tout de suite cette silhouette familière de Rio… Pour atteindre le sommet de ce bloc de granite, nous optons pour le double téléphériques. Pour les marcheurs, il faut savoir qui est possible de faire la première partie à pied mais il faut débuter la rando avant le milieu d’après midi (après l’accès est fermé).

Le 1er téléphérique nous emmène au sommet du Morro da Urca puis le 2nd nous dépose au sommet du Pão de Açúcar. Aujourd’hui le ciel est nuageux, la vue n’est donc pas dégagée sur les hauteurs, on ne verra pas le Corcovado en face… 😟

Les rayons du soleil transpercent les nuages et éclairent une dernière fois la ville. C’est magique !

Les lampadaires s’allument petit à petit. « Rio by night » se réveille.

Dès que le soleil a disparu le vent se lève, il fait froid, il est donc temps de redescendre.

 

Une dernière visite mythique : le Corcovado

Avant dernier jour de Tour du Monde. L’heure est à la nostalgie et aux projets. « On se promet qu’on n’arrêtera jamais de voyager hein ? ».

Le Christ Rédempteur s’était fait désirer toute la semaine, se cachant dans d’épais nuages, mais aujourd’hui c’est la bonne !

Il est possible de monter en minibus ou en train. Nous optons évidemment pour… la marche ! 😄 Le sentier débute dans le Parque Lage. Dès les premières minutes de marche, nous croisons des petits singes tout mignons ! Le début de la rando dans la jungle est plutôt facile. Mais ça grimpe progressivement jusqu’à une pente tellement raide qu’il faut s’accrocher à des chaînes et monter sur des marches en ferraille.

Nous traversons les rails du train puis rejoignons la route. On se fait doubler par des sportifs qui montent en vélo ou en courant 😮

Après plus 1h30 de marche nous voici arrivés devant le guichet d’entrée !

C’est plein d’excitation que nous montons les dernières marches. Puis il apparaît : le célèbre Christ Rédempteur.

Avec ses 30 mètres de hauteur la statue en impose ! C’est une figure tellement connue qu’on n’a pas l’impression de le voir pour la première fois.

Il est tellement haut et donc exposé aux aléas climatique que le Christ se fait régulièrement touché par la foudre. En 2014, il en a perdu son pouce droit !

Il y a beaucoup de monde (essayez d’y aller plutôt à l’ouverture), ce n’est pas évident de se frayer un chemin jusqu’à la plate-forme panoramique…

Mais le combat en vaut la chandelle : la vue sur Rio de Janeiro est évidemment exceptionnelle.

Les parachutistes passent très près de nous et nous glissent quelques blagues en passant.

Bon comme tout le monde on fait notre photo version Christ…

Même Homer s’y met, ce qui fait beaucoup rire les touristes autour !

Nous saturons de la foule et décidons de redescendre à pied (enfin on n’a pas trop le choix…).

Clôturer notre voyage par la visite d’une des 7 nouvelles merveilles du Monde nous laissera un souvenir inoubliable…

Le soir nous trinquons avec de délicieux cocktails à la fin du périple et on se fait plaisir pour les plats. On se remémore les 15 mois écoulés et, pour tout vous dire, on ne réalise pas vraiment que nous avons vu tous ces pays, ça paraît irréel… L’Inde nous semble si loin !

Vendredi 10 février : après un dernier défilé de Samba à l’aéroport, nous quittons les Cariocas, le Brésil, l’Amérique du Sud, l’ailleurs et notre vie nomade.

Pour une fois, nous prenons l’avion en sachant qu’un comité d’accueil nous attend à la sortie !

C’est la fin de notre Tour du Monde mais ce n’est pas la fin du voyage. Au contraire. L’envie de faire du voyage le moteur de notre vie est plus que jamais présente dans notre esprit. Nous repartirons, ensemble, main dans la main, sur les routes du monde pour découvrir toujours plus et garder l’esprit ouvert…

Dans l’avion du retour : « tu sais je me disais… je retournerais bien en Indonésie… ou alors au Népal ! Ah oui le Népal ça a l’air magnifique et ça nous rappellerait un peu l’Inde ! Qu’est ce que tu en dis ? »

[ To be continued]


Les photos de Rio, c’est par ici !



2 thoughts on “Les derniers pas de notre vie nomade

  1. smilingaroundtheworld Répondre

    Ah, Rio… Ah, le TDM… Votre dernier article me rend toute nostalgique 🙂 Que de bons souvenirs ! Enfin, comme vous dites, on repartira… que ce soit en TDM2 ou en TDM3, en duo ou en famille 😉 Grosses bises et à bientôt !

  2. Jennifer Precheur Répondre

    Votre article est vraiment superbe ! J’en ai des frissons à la fin… Merci beaucoup de nous faire tant voyager et rêver !

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