A la rencontre du Gange

Varanasi est une ville à part en Inde. Il s’agit du lieu le plus sacré pour les hindous. Le Gange est bordé de ghâts blancs, plongeants, par des marches, directement dans le fleuve. Les fidèles viennent y faire leurs rituels d’ablutions : ils se déshabillent, s’avancent dans l’eau puis s’immergent d’un coup dans le fleuve.  Cette action est purificatrice, elle permet de se laver de ses péchés dans cette vie et dans les précédentes.

D’après la légende, le Gange est sorti de l’orteil de Vishnou pour s’arrêter dans le sourcil de Shiva qui l’emprisonna dans sa chevelure  (vous suivez toujours ?) puis le libéra sur terre. Le fleuve, long de près de 3000 km, serait le fleuve le plus pollué au monde.

On passe beaucoup de temps à flâner sur les ghâts, le lieu est propice au recueillement, au retour à soi. Les tuktuk et voitures sont interdits aux alentours du site, le calme est appréciable !  Certains moments sont un peu gâchés par les rabatteurs qui nous proposent des tours de bateaux  (que nous ne ferons finalement pas), des cartes postales, des bijoux. Religion ou pas, on reste en Inde…

Ruelle du Chowk

Nous flânons également dans le quartier du Chowk. Il est tellement facile de se perdre dans les petites ruelles. Lors de notre séjour,  une certaine agitation régnait en ville. Les indiens refaisaient les peintures de certains murs, posaient des lignes blanches sur la route, mettaient des barrières en bambou. En fait, ces arrangements de dernière minute étaient destinés à la venue officielle du premier ministre indien accompagné du premier ministre japonais.

Le plus marquant à Varanasi, surtout pour nos yeux d’occidentaux, ce sont les crémations. Nous n’avons pas de photos à vous montrer car il est strictement interdit d’en prendre. Deux ghâts sont consacrés à cette pratique. On dit que depuis plusieurs milliers d’années le feu ne s’est jamais éteint ici. Les crémations s’enchaînent nuits et jours. Mourir ici permettrait de mettre fin au cycle des réincarnations et d’atteindre la moksha (équivalent du nirvana). Ce qui frappe quand on arrive aux abords du ghat, c’est d’abord l’odeur. Assez indescriptible et pas franchement agréable. Quand on s’approche, c’est ensuite la fumée qui nous prend à la gorge et aux yeux. Enfin, le visuel finit de nous surprendre voire de nous choquer quand on aperçoit les corps sur les bûchers. Ils sont initialement enveloppés dans des tissus mais ils se consument pour ne laisser à la fin que quelques os. Chaque caste à sa place bien définie sur le ghat, on ne se mélange pas même après la mort. La quantité de bois et sa qualité va dépendre du budget de la famille du défunt, le corps se consumera ainsi plus ou moins vite (et plus ou moins bien). Des gros tas de bois encadrent d’ailleurs les ghâts. Les cendres sont à la fin dispersés dans le Gange. C’est vraiment impressionnant.

Le soir nous assistons au Puja, un rituel effectué par des brahmanes devant le fleuve. On a pas tout compris mais c’était agréable à regarder. Il y avait autant de monde sur le ghat que sur le fleuve.

On finira la soirée en allumant une bougie pour les êtres chers qui sont partis en la déposant sur le Gange. Même si on n’est pas hindous, le mysticisme des lieux nous invite à croire qu’il se passe quelque chose ici ; il y flotte une énergie porteuse d’espoir…

Un peu d'espoir...


Les photos de Varanasi, c’est par ici !



2 thoughts on “A la rencontre du Gange

  1. Laurent Répondre

    Je n’aurais pas dit mieux en effet, il se passe quelque chose porteur d’espoir en effet. Je ne suis pas croyant pour un sou, mais cette ville m’avait vraiment marqué (positivement). Aucun doute, j’y retournerai un jour…

    1. Anaïs et Nico Répondre

      Sympa d’être passé par ici Laurent Alors ce périple en cargo ? Dis nous tout !

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