Les géants de pierre

Après 5 h d’avion au départ de Papeete, nous atterrissons sur la mystérieuse Île de Pâques, dont les statues nous paraissaient si loin dans notre imaginaire… nous sommes tout excités !!!

 

Rapa Nui

Tel est le véritable nom de l’Île de Pâques qui a été découverte par les explorateurs Hollandais en 1722, le jour… de Pâques ! L’île, en forme de triangle, couvre 163 km² et accueille 5 000 habitants dont la moitié est Rapa Nui. C’est incroyable de se dire que la terre la plus proche d’ici se situe à 2091 km à l’est !

rapa-nui-carte

L’île appartient à la Polynésie mais est annexée au Chili et dépend d’elle pour le ravitaillement et le carburant. Les habitants bénéficient d’une exonération d’impôts ce qui explique notamment l’afflux de migrants chiliens.

Nous installons notre tente dans la seule ville de l’île : Hanga Roa. Benjamin, le gérant du camping, sera aux petits soins avec nous. Dès l’arrivée il nous accueille avec des colliers de fleurs et tente de nous parler en français. Notre niveau d’espagnol à ce moment là est proche de 0…

Le premier jour ne commence pas sous les meilleurs auspices : il pleut et Nico est pris de violentes crampes au ventre. On met ça sur le compte du repas un peu lourd dans l’avion. Benjamin, adorable, propose à Nico de se reposer dans un vrai lit, lui donne des médicaments et va cueillir dans le jardin des plantes à infuser. Et ça marche ! Le lendemain tout va pour le mieux 😊

 

Découverte d’Hanga Roa

Notre première expédition sur l’île consiste à aller retirer des pesos chiliens et à acheter de l’eau. Nous descendons à pied jusqu’au centre ville en suivant les rues pavées. A notre grande surprise, celui-ci est plutôt développé et comprend de nombreuses boutiques, petits supermarchés, boulangeries et restaurants. Tout est évidemment axé vers le tourisme, une des seules ressources de Rapa Nui.

Instant émotion au moment d’atteindre le front de mer et d’apercevoir Ahu A Rongo… notre premier Moaï !!! On doit se pincer pour y croire. Nous en avions déjà vu un au British Museum de Londres mais là, de pouvoir admirer la statue sur sa terre natale, c’est carrément plus impressionnant !

On fête ça à côté du port avec un bon empanadas (chausson fourré) et un jus d’ananas !

Le lendemain nous décidons qu’une petite visite au musée serait une bonne introduction à la découverte de la civilisation Rapa Nui. Nous traversons le village à pied en passant devant la petite église et le marché artisanal.

Bonnes surprises à l’arrivée, le musée est gratuit et on nous fournit un classeur qui comprend toutes les explications en français ! L’histoire de cette île est incroyable. Petit retour quelques siècles en arrière…

 

Mais qui sont les Moaï de l’Île de Pâques ?

Ces grandes statues de pierre au profil si célèbre ne sont ni des dieux que l’on honorait ni des démons que l’on craignait. Elles représentaient les ancêtres importants des tribus vivants sur l’île, démontrant ainsi le pouvoir et la capacité d’organisation de chaque clan.

Hotu Matu ‘a, le premier roi de l’île, est venu de Polynésie en pirogue et a colonisé Rapa Nui offrant à chacun de ses 6 fils un Mata (une tribu). Celles-ci se développèrent en même temps que les statues qui devinrent de plus en plus stylisées et grandes.

Selon les théories actuelles, les Moaï étaient dressés sur des ahu (plates-formes), dos à l’océan et face aux villages.

Ils concentraient une grande quantité de Mana  (= la force, le pouvoir surnaturel) qui était projeté sur les espaces et les activités familiales. Les espaces proches des ahu étaient eux considérés comme tapu (= tabous, interdits). Aujourd’hui encore il est interdit de marcher juste devant les ahu.

Quelques chiffres

L’île compte 867 moaï dont 288 sont debouts

Le plus grand Moaï mesure 21,60 mètres pour 160-182 tonnes

Le plus grand Moai debout mesure 9,80 mètres

Le plus petit Moai mesure 1,13 mètres (soit la taille d’Anaïs pour donner l’échelle…)

Il n’existe qu’un seul Moai féminin authentifié

 

Une rando très rocailleuse

Le 3ème jour, l’envie nous prend de nous dégourdir les jambes. Nous entreprenons une rando sur la journée. L’itinéraire est simple nous partons du camping et allons longer la côte ouest jusqu’à la plage d’Anakena au nord soit 21 km.

Nous traversons tout d’abord le site d’Ahu Tahai à la sortie du village. Nous pouvons y admirer un alignement de 4 Moaï (et demi), un Moaï restauré qui a retrouvé ses yeux et son pukao (chapeau) de scorie rouge et un autre Moai. Nous reviendrons souvent sur ce site pour le coucher de soleil.

Quelques kilomètres après, nous sommes stoppés dans notre élan par un barrage. Le gardien exige de voir nos tickets d’entrée pour la réserve naturelle de Rapa Nui. On ne savait pas qu’il les fallait pour ce genre de promenade et comptions l’acheter le lendemain. Du coup on fait mine de chercher partout dans nos sacs et de se disputer et ça marche, il nous laisse passer 😉

Il n’y a pas vraiment de chemin, nous slalomons entre les bouses de vaches, les grosses pierres et les ruines. Nous traversons des vestiges de villages et de lieux cérémoniels mais sans guide, il est difficile de se projeter et de comprendre l’organisation de l’époque.

On trouve sympa les petites excursions spéléo dans les grottes notamment celle d’Ana Kakenga qui offre une superbe et vertigineuse vue sur l’océan.

La côte est magnifique sous ce beau soleil. Les vagues énormes s’explosent contre les parois rocheuses.

C’est beau mais on vous l’avoue, au bout d’une dizaine de kilomètres à éviter les pierres (et les taureaux et les cadavres d’animaux), le côté minéral de la promenade nous lasse un peu, d’où des petits craquages…

On est bien content d’arriver en fin d’après midi à la plage d’Anakena. Les touristes osent la baignade. Derrière eux des cocotiers et… un superbe alignement de Moaï (on en reparle après).

Le soir, malgré la fatigue, nous assistons à un spectacle de danse traditionnelle par la troupe Kari Kari. On retrouve de fortes similitudes avec la danse polynésienne, c’est très rythmé et très « guerrier ». Une très bonne soirée !

 

Le tour de l’île

Nous louons un scooter sur 2 jours afin de pouvoir explorer l’île dans tous ses recoins. On apprendra plus tard que les loueurs exigent normalement un permis moto pour la location mais comme nous sommes passés par le camping, on ne nous a rien demandé…

Allez, il reste de la place à l’arrière du scoot’, vous venez ?

Les sites :

Ahu Vinapu

Et son mur à la Machu Picchu.

 

Ahu Hanga Tee

Des Moaï à la renverse, comme beaucoup sur l’île. On attribue ce phénomène à des guerres entre clans. Faire tomber les statues des ancêtres du clan adverse était un symbole très fort de domination. Devant l’ahu se trouve un cercle cérémoniel.

 

Ahu Akahanga

 

Ahu Tongariki

Le site que l’on a préféré et pour cause !

Juste devant le Pacifique, tels des gardiens impassibles, se dressent pas moins de 15 Moaï !

C’est très photogénique…

…à tous les moments de la journée…

On vous en aurait bien ramené un ou deux… c’est pas faute d’avoir d’essayer 😉

 

 

Carrière du volcan Rano Raraku

C’est ici, à partir de la roche faite de tuf et de cendre compressée, qu’étaient sculptés les Moaï. Près de 400 statues, plus ou moins achevées, sont encore visibles sur le site, comme enracinées sur les pentes du volcan.

On peut aussi voir le Géant  (21 mètres) et tukuturi, la seule statue barbue représentant un homme à genoux.

“ les Moais marchaient grâce à l’énergie du Mana ”

C’est ce que racontent les légendes Rapa Nui pour expliquer le mystère qui entoure les statues : comment faisaient-ils pour les déplacer sur des dizaines de kilomètres ? Les Rapa Nui ne connaissaient pas la roue. Il est donc probable qu’ils aient fait glisser les statues sur un radeau via des rondins de bois ou qu’ils les aient fait pivoter centimètres par centimètres grâce à des cordes. Certains pensent que ce serait l’œuvre d’extraterrestres… allez savoir… la vérité est ailleurs… (lancement du générique d’X files)

 

Ahu Nau Nau

Les fameux moaï de la plage Anakena. Restaurés, ils ont retrouvé leur chapeau et leurs yeux de corail ! C’est sur cette plage qu’aurait débarqué Hotu Matu’a, le premier roi de l’île.

 

Ahu Akivi

Les seules statues de l’île à faire face à l’océan !

 

Ana Te Pahu

Un tunnel de lave utilisé auparavant comme abri puis comme cimetière.

 

Ana Kai Tangata

Une grotte au bord de l’océan qui conserve des vestiges de peintures rupestres. En se concentrant bien, on distingue en blanc des contours d’oiseaux.

 

L’ancien village d’Orongo

Pas de Moaï ici mais un nombre incroyable de pétroglyphes et des maisons restaurées.

Orongo était un village cérémoniel utilisé seulement au printemps. Il est affilié au culte de l’homme-oiseau, une croyance qui se développa dans la seconde partie de l’histoire Rapa Nui (XVIIe – XIXe siècle).

Chaque année, entre août et septembre, les tribus envoyait un de leur meilleur élément afin de concourir au titre d’homme-oiseau. Les participants devaient atteindre à la nage le Motu Nui, recueillir le premier œuf de frégate (et plus tard de sterne), ce qui pouvait prendre plusieurs jours, puis revenir à la nage et gravir la falaise. Tout ça en gardant attaché l’œuf sur leur front pour ne pas qu’il se brise.

On retrouve des représentations de l’homme-oiseau un peu partout dans Rapa Nui, jusque dans l’église.

 

Tout là-haut sur les volcans

Le volcan Tere Vaka

Juste à côté du site d’ahu Akivi. Ça grimpe, on se perd mais la vue à 360 °du plus haut volcan de l’île est quand même sympa.

On en profite quelques minutes car après les nuages s’invitent et on ne voit plus grand-chose !

 

Le volcan Rano Raraku

Magnifique ! Imaginez : un lac bordé de roseaux au milieu d’un cratère, de l’herbe bien verte, des chevaux sauvages qui galopent et des Moaï.

Il n’est pas possible de faire le tour du cratère à pied, nous sommes donc restés un bon moment, assis dans l’herbe, à profiter des lieux.

 

Le volcan Rano Kau

Encore plus Magnifique ! Après une rando d’une petite heure depuis le village, nous arrivons sur les bords du volcan de Rano Kau.

Encore une belle claque visuelle. Le regard suit les pentes escarpées puis est attiré au fond par une grande étendue d’eau formée par plusieurs petits lacs. Enfin, les yeux se posent sur une grande brèche qui laisse apercevoir l’océan Pacifique.

Nico mitraille le volcan sous toutes ses coutures, merci l’objectif grand angle !

On finit en beauté la visite de cette île aussi magnifique qu’intrigante avec quelques photos de fin de journée…

 

La rencontre avec les géants de pierre de l’île Pâques restera un moment très fort de notre Tour du Monde. Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps, le soleil ne nous a pas quitté. Nous partons, chargés à bloc de Mana, vers un nouveau continent. Go to South America !


Les photos de l’Île de Pâques, c’est par ici !



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